Redemption

Redemption


Rédemption. Ce mot résonna dans la tête de bobby comme si elle l'eut crié du fond d'une caverne. Elle était perchée sur le toit de la maison, la dernière chique de son paquet désespérément vide entre les mains, les yeux dans les étoiles avec son habituel air rêveur. A ce moment précis, tout aurait pu s'écrouler. Sa vie, celle des autres, toutes à la fois, rien n'importait vraiment. A l'aube de ses 17 ans, la gamine moqueuse et capricieuse qu'elle avait toujours était disparaissait petit à petit de son cerveau. 17 ans, l'âge où l'envie du monde adulte fait place à la mélancolie de la petite enfance.
La nuit se faisait tiède à cette période de l'année, l'odeur des pins et l'air de l'océan lui parvinrent un cours instant, laissant place à une divagation cérébrale. Elle regarda le jardin tout en rêvant et sourit. Le Vignac caché derrière les arbres émettait un clapotis presque imperceptible. "Since I left him, I find the world some true". Bobby tira une énième bouffée sur sa cigarette et laissa la musique paradisiaque de The Avalanches imbiber ses neurones.
La vie. La vie presque palpable qui après nous avoir nargué du haut des étoiles nous embrasse à pleine bouche et nous fait tourné la tête. Alors on l'avale, on la croque à pleine dents, en essayant d'en avoir le plus possible, de n'en perdre aucun morceau. Dans ces moments, nous ne sommes plus rien, seul petit point dans l'univers, seul petit être parmi tant d'autres, mais peut importe.
La vie. Une belle femme aux milles artifices nous testant jour après jour, une séduction continuelle de notre naissance à nos derniers jours.
Bobby réfléchit, comme elle le fait chaque soir. Une déconnexion psychologique quotidienne l'emmenant sur le chemin de son subconscient, aux frontières-mêmes de la vie et du rêve. Alors elle divague, elle voyage, ce drôle pouvoir, l'imaginaire, dit-on, qu'ont les enfants sur le monde. "Une enfant", chuchote-t-elle en regardant dans le vague. Elle tira une dernière bouffée de sa dernière cigarette et la laissa tomber mollement entre les tuiles l'entourant. Elle ferma les yeux pour mieux écouter la musique sortant de la fenêtre derrière elle. "if this is the life why does it feel so good to die today?"
"grow up and blow away" murmura-t-elle dans un dernier souffle. "Partir", oui, certes elle en avait envie, tout quitter, tout plaquer, la famille, les études, sa vie, et renaître, revivre, comme en sortant la tête de l'eau, comme la première respiration d'un bambin, la dernière respiration avant de sauter dans le vide. Une renaissance. Mais une fois de plus elle était lâche, bien trop lâche pour cela. Le confort, la sécurité, la stabilité, prenaient rapidement le dessus sur ses envies de liberté. Pourquoi toujours dépendre de quelque chose ou de quelqu'un? Pourquoi ne pouvait-elle pas tout quitter sans regret, sans se retourner? L'amour, certains diront. L'amour est une chaîne, un piège, comme une maladie bien trop difficile à soigner pour que Bobby y touche. Certes rien de positif dans tout cela, et un jour ou l'autre Bobby tombera dedans comme bon nombre des êtres humains sur cette planète. Mais jusque là encore, elle préférait ne pas y penser.
Elle n'était pour l'instant que Bobby, une "grande enfant" parmi tant d'autres, aux idées parfois saugrenues, certes, aux défaillances psychologiques douteuses, perchée sur le toit d'une maison au milieu d'un cadre idyllique.
La vie galope, la vie s'écoule, nous file entre les doigts, à une vitesse déconcertante, on se voit encore enfant comme si c'était hier et sommes projetés dans la majorité que nous croyions encore bien loin. On est impuissants, spectateurs, on ne fait que subir et on observe. Nous sommes victimes de cette agression qu'est la vie, comme un couteau planté dans le dos, comme si nous marchions, aveugles, dans un couloir sans fin et sans issu, avant de tomber sans pouvoir désormais se relever. On croise des ombres, qui nous sont identiques, on croit les reconnaître, les connaître même parfois.
Bobby sourit une dernière fois et respire l'air frai que la forêt landaise lui envoie. Etions-nous réellement de simples ombres, imperceptibles, inidentifiables, tout être humain était-il forcément baigné de secrets, de mystères, étions-nous finalement capable de tout? Un pétage de plomb, une brisure du destin, un noeud sur le file de la vie, une sorte de beug dans notre système faisant de l'être humain un être alternatif et presque irréel?
Et c'est sur cette question qu'elle choisit de se laisser plonger dans les bras de Morphée les yeux dans le velux au bord duquel elle était assise un peu plus tôt. Elle laissa encore son esprit vagabonder quelques instants avant de céder au pays des rêves.
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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 07:53

Capitole |

Capitole |



"Hey toi", elle chuchota à son oreille avant de l'embrasser dans le cou. Le jeune homme se retourna avec son habituel sourire en coin. Après avoir posé un regard sur son visage, il tira une dernière bouffée sur sa cigarette et tendrement, posa un baiser sur ses lèvres. Il la dépassait d'une tête. Elle, sa frange dans la figure, le regardait les yeux pleins d'admiration et d'envie. Elle se mit sur la pointe des pieds et lui déposa un baiser au coins des lèvres avant de se blottir dans ses longs bras. Tout en allumant une nouvelle cigarette, il la regardait, attendri, se coller à sa poitrine. "On y va?" finit-il par lui demander. Elle le regarda un instant, puis pris la direction du metro. Ils quittèrent la gare et s'engouffrèrent dans l'escalator. Elle était heureuse. De le voir, de le retrouver, qu'il soit là, avec elle, grand, beau, avec son air totalement décalé, réel, regardant les gens le croisant comme s'il n'avait jamais vu d'être humain de son existence. Une fois dans la rame, elle enfouit son nez dans son cou et l'embrassa. Il la regarda, se laissant faire. Le voyant la dévisager elle se recula et se colla à la barre derrière elle. "Pourquoi?" dit-elle. "Pourquoi quoi?". Elle tourna la tête et regarda les pieds des gens de la rame de metro. Elle faisait toujours ça, elle n'avais jamais trop su pourquoi. "Pourquoi j'ai l'impression que le fait d'être là ne te fasse ni chaud ni froid?" dit-elle, sans le regarder. Elle le sentait la dévisager, les mains dans les poches avec ses yeux noirs, perçants, intrigants. "Je me moque de l'endroit ou je peux être du moment que c'est avec toi." répondit-il, étonnamment. Elle le regarda, surprise, et s'approcha de lui avec un sourire. "C'était la réplique mélo-romantique de la journée?" se moqua-t-elle. Il la fixa encore, ses yeux dans les siens. "Tu es méchante."
Elle était méchante. Certes, peut-être. Après tout, il venait de traverser le pays pour la voir, il était là, elle était heureuse, il était égal à lui même.
Elle se détacha de son regard et partit s'assoir à l'autre bout de la rame.

"Prochain arrêt Capitole".

Une petite fille face à elle mâchait bruyamment son chewing-gum sur les genoux de sa mère. Elle avait les cheveux bouclés, lui tombant sur ses petites épaules dodues, une jupe et des collants. Sa mère, au téléphone, parlait d'un ton excité à une personne indéterminée. La rame s'arréta, il lui jeta un regard, elle se leva, sortit, il la suivit. Il la regardait, sans cesse, la dévisageant avec insistance. "Tu es belle et méchante". "Ca m'est égal" répondit-elle, sans le regarder. Ils marchèrent silencieusement, son bras entourant ses fines épaules. Ils traversèrent la place, se dirigeant vers la Garonne. C'était une belle journée d'avril, comme il n'y en avait pas eu depuis longtemps. Les toulousains de sortie, les enfants rempliçaient le jardin du Capitole et les jeunes riaient sur les bancs en écoutant de la musique. Arrivés devant le vieux bâtiment, elle poussa la porte de bois et s'engouffra dans le couloir carrelé, mal éclairé. Devant la porte de l'appartement, il la prit dans ses bras et l'embrassa avant de lui glisser un "je t'aime" plein de tendresse. Elle le fixa de son regard insensible, tout à fait représentatif de son caractère, presque hautain, et glissa la clef dans la serrure. Elle brancha son vieux tourne disque et la voix de Ray Charles se mit à raisonner comme un vieux film noir et blanc dans la pièce. "Ca ne vaut rien si tu ne le penses pas". Il posa son sac sur le lit et se servit un verre de jus de fruit. "A quoi ça me servirait de te mentir?" demanda-t-il de son ton calme et posé. "Ca m'est égal" répliqua-t-elle, agacée. Elle ouvrit la fenêtre et s'alluma une cigarette. La rue, illuminée par le soleil éclatant annonçait déjà l'été. Les jeunes couples s'embrassaient sur le trottoir, les chiens des rues jappaient, les gens mangeaient des kebab en terrasse, les vélos se croisaient, les voitures se faufilaient difficilement dans les petites rues de la ville rose. Elle sentit ses bras autour de sa taille et sa respiration dans son cou. "Pourquoi est-ce que tu compliques toujours tout?" lui demanda-t-il. "Je t'aime, c'est tout" dit-elle, entre deux bouffées de tabac. Ils restèrent comme ça encore un certains temps. Elle se retourna, l'embrassa et partit se servir à boire dans la cuisine. Il la regarda depuis la fenêtre avec un sourire. Il était beau. Ses cheveux en bataille lui tombant sur les yeux, voletaient au rythme du vent passant par la fenêtre. Ses yeux, éclatants, brillaient. Il était grand, mince, prenait presque l'encadrement de la fenêtre. Elle était assise sur l'évier et s'amusait à répondre à son chanteur préféré. "What's I'd say" résonnait dans l'appartement comme un gospel dans une église. Le haut plafond de la pièce y faisait sûrement beaucoup. "On arrête de jouer." Elle descendit de son fauteuil improvisé et l'embrassa comme elle ne l'avait jamais encore embrasser.
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# Posté le dimanche 30 mars 2008 16:00

Elle | ...

Elle | ...


La débilité et la simplicité d'esprit dépassent parfois les mots.

Une conversation qui dérape, les mots sortent, les mots claquent, giflent.

Les mots claquent, les regards s'échangent et les cerveaux turbinent.

Elle aurait voulu se giffler elle-même tellement ses mots étaient dures, elle aurait voulu se giffler elle même pour son manque de contrôle, elle aurait voulu se giffler elle-même pour son immoralité.
On rêve de retour en arrière, ne serait-ce qu'à quelques secondes près, juste pour se retenir.

Les mots claquent, les regards s'échangent et les cerveaux turbinent.

Elle aurait voulu disparaître, ne plus existait.

Ce qu'elle avait dit était faux, ce qu'elle avait dit était bête, ce qu'elle avait dit était méchant.
Elle n'est pas méchante, alors pourquoi?
Parfois, sa langue va plus vite que son cerveau, parfois elle perd le crontrole, parfois elle se demande si elle ne devient pas schizo.
Parfois elle voudrait etre quelqu'un d'autre, quelqu'un qui se connait, quelqu'un qui se comprend.
Elle en a marre de ne pas se comprendre, de réagir à l'inverse de ce qu'elle aurait pu imaginer, de se rappeler de ce qu'elle vient de faire comme d'un lointain souvenir.
Son cerveau divague, lui envoie des informations troublées, lui fait faire des choses bizarres, des choses méchantes.
Au moment ou elle pourrait encore se rattraper, la gorge se noue, les mots s'éloignent et les larmes arrivent. Pourquoi est-elle comme ça?




a toutes les personne auxquelles j'ai parue incompréhensibles, soyez tolérants avec mes défaillances psycholigiques ^^

***

# Posté le samedi 13 octobre 2007 07:39

This is a happy end... | ...

This is a happy end... | ...
La mère se vernit les ongles des pieds sur le tableau de bord avec son verni corail - follement tendance en cette fin de saison - en se demandant si son fils chéri lui désobeirait une fois de plus en invitant du mond pendant leur absence pour une autre "fête du slip" ou "soirée saucisses".

La plus jeune des filles pianote sur sa Nintendo DS, nourrit son chien virtuel, le brosse, nettoie ses excréments du bout de son stylet.

Le père tapote sur le volant au rythme des Franz Ferdinand avec son légendaire air de psychorigide.

La plus agée des filles observe l'extérieur d'un air absent, ses Ray Ban sur le nez et New Order dans les écouteurs de son iPod en décomposition. Elle se laisse porter par le ronronnement régulier de la Ford Focus et pense au week end qui l'attend. Comme toute adolescente qui se respecte, la perspective du week end en famille mensuel ne l'enchante pas vraiment. Elle voit le truc arrivait gros comme une maison : elle devra raconter en détail son voyage à Madagascar, photo à l'appui, répondre à toutes les questions de sa grand-mère, répéter cinq fois la réponse pour que celle-ci enregistre, supporter les réflexions de sa mère vis-à-vis de toute la famille, lui sourire l'air de rien, regarder sa soeur se faire couvrir de cadeaux, garder son calme face aux cris des cousins, encourager son père avec toute la famille lors du fameux semi-marathon, sourire sur les photos, enlever la frange de ses yeux et penser à toutes les choses plus distrayantes qu'elle aurait pu faire pendant le week end.

Et dire que son frère avait trouvé un motif valable pour éviter le supplice.

Les Cold War Kids chantent leurs problêmes d'alcool dans ses oreilles alors qu'elle se ferait bien une petite vodka orange histoire d'oublier combien
la vie est injuste...
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# Posté le lundi 17 septembre 2007 15:05

Modifié le lundi 17 septembre 2007 15:38

La Misère d'en Face | ...

La Misère d'en Face | ...



C'est comme si la cassette du pays s'était mise sur pause dans les années70 et y étai restée. Mini, Coccinelle, 4L et deudeuche sillonent les rues d'Antananarivo alors qu'un gosse tire sur le pantalon de minicrok en lui expliquant en malgache qu'il est tout simplement entrain de mourir de faim. C'est le cinquième depuis ce matin.

Seuls les énormes 4x4 Mercedes cassent l'ambiance OSS 117.

Les grosses propriété sont barricadées comme des camps militaires alors qu'une mère de famille tente de lui refiler des samossas, et son gamin avec.

Minicrok s'installe sur le balcon et croque le panorama. Un immense lac éventré par une statut énorme sur laquelle l'hotel Hilton flambant neuf jette son ombre.

En admiration devant ce spectacle, elle repense a la chambre de Noella. Un 10m² avec un lit de fortune un drap pour le cacher de la table et des chaises, une pile de valises servants d'armoire, une télé poussiéreuse et une ampoule pendant du plafond. Minicrok se demande si ce qu'avait dit les Kiadys était vrai. Noella était-elle la plus riche d'entre eux? Si c'était le cas, elle n'osait même pas imaginer l'état des chambres des autres malgaches.

Plus tard, se laissant porter par le ronronnement du taxi brousse, minicrok observe, une fois de plus, les alentours. Comme devant un écran de télévision, elle regarde sagement le décor ambiant. Des hommes se lavent dans la rivière a coté de leur linge qui seche sur la "pelouse" alors que des femmes s'activent dans les rizières remplie de zébuts ruminants. Ce peuple est en parfaite harmonie avec la nature, il se nourrit de ses cultures, il se lave dans les rivières, vit dans la montagne, soigne ses animaux.

Minicrok prie pour que la mondialisation ne ruine pas toute cette beauté, puis, elle repense à l'hotel Hilton. Construit a l'effigie de notre belle société américaine.

Mais merde! Seraient-il entrain de metre la casstte sur avance rapide?

le taxi s'arréte devant une petite maison arborant une énorme peinture coca cola.


Mais ou est donc passée cette foutue télécommande?



# Posté le vendredi 31 août 2007 15:53